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antiX 26.1 maintient un Debian 13 sans systemd, avec cinq systèmes d’init et du 32 bits

antiX 26.1, sorti fin septembre 2026, actualise la distribution légère basée sur Debian 13 « Trixie » sans systemd ni elogind, avec cinq systèmes d’init au choix et des images 32 bits encore maintenues. Si vous ressuscitez de vieux PC ou voulez un socle minimaliste dont vous contrôlez l’init, antiX est une option sérieuse ; sinon, restez sur Debian standard.

Un vieil ordinateur de bureau beige posé sur une table en bois dans une pièce sombre, une seule LED d’alimentation ambre allumée sur la façade.

Fin septembre 2026. antiX publie sa version 26.1, une mise à jour de maintenance de sa distribution légère fondée sur Debian 13 « Trixie ». Cinq systèmes d’init. La distribution propose au choix runit (par défaut), SysVinit, dinit, s6-rc et s6-66. Zéro systemd. Ni systemd, ni libsystemd0, ni elogind n’embarquent — eudev remplace udev. Pourquoi c’est important : à l’heure où la quasi-totalité des distributions a capitulé devant systemd, antiX prouve qu’une voie sans systemd reste maintenue, viable et même confortable.

Ce que livre antiX 26.1

antiX 26.1 est avant tout une version de correction : les utilisateurs d’antiX 26 n’ont pas besoin de réinstaller, une simple mise à jour suffit. La base reste Debian 13, mais la distribution s’en écarte volontairement sur tout ce qui touche à l’init et à la gestion de session.

Côté noyau, la gamme embarque un Linux 5.10.256 personnalisé sur l’ensemble des images, tandis que l’édition Full 64 bits ajoute un Linux 6.6.139. Le choix du noyau 5.10 — une branche LTS âgée mais entretenue — est délibéré : il privilégie la stabilité et la compatibilité avec le vieux matériel plutôt que la nouveauté. L’interface repose sur des gestionnaires de fenêtres légers — IceWM par défaut, avec Fluxbox, JWM et le tuilier herbstluftwm — plutôt que sur un environnement de bureau complet.

Deux éditions sont proposées : Full, d’environ 2 Go, avec une sélection d’applications prêtes à l’emploi (LibreOffice 25.2.3, Firefox ESR 140.16, Claws Mail 4.3.1, CUPS 2.4.10, MPV 0.40), et Core, d’environ 660 Mo, pour bâtir soi-même un système minimal. Les deux existent en 64 bits et en 32 bits — un fait rare, puisqu’antiX est l’une des dernières distributions majeures à publier encore des images 32 bits officielles.

Le cœur du sujet : le choix de l’init

Le positionnement d’antiX se résume à un refus assumé de systemd. La distribution remplace le démon udev par eudev, supprime elogind et libelogind0, et laisse l’utilisateur choisir parmi cinq systèmes d’init. runit reste le défaut, mais SysVinit, dinit, s6-rc et s6-66 sont disponibles à l’installation — un choix qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde des distributions grand public.

Ce choix a un coût que antiX assume aussi : Snap et Flatpak ne sont pas inclus, car ils dépendent respectivement de systemd et d’elogind. C’est une conséquence directe et documentée du parti pris anti-systemd. Pour un utilisateur qui installe ses paquets via apt ou les dépôts Debian, cela ne change rien ; pour qui comptait sur Flatpak pour des applications récentes, c’est une friction réelle à connaître avant d’installer.

Le bénéfice se mesure en contrôle et en légèreté. Un système sans systemd réduit la surface d’initialisation à un script simple, observable et modifiable, et consomme moins de mémoire au démarrage. C’est ce qui fait d’antiX un choix récurrent pour les vieux PC, les machines à faible RAM et les environnements où l’on veut comprendre exactement ce qui tourne.

Les cinq systèmes d’init ne sont pas des variations cosmétiques. SysVinit est l’ancêtre à scripts, simple mais séquentiel — chaque service attend le précédent. runit apporte une supervision légère de type daemontools, où chaque service est un processus surveillé et relancé. dinit ajoute la supervision avec des dépendances déclarées entre services. s6-rc et s6-66 apportent la suite s6, orientée supervision et gestion fine des services. Le point commun est philosophique : aucun de ces systèmes ne centralise autant de responsabilités que systemd — ce qui est précisément l’argument des utilisateurs d’antiX, qui préfèrent un socle où chaque brique fait une chose.

Pour qui c’est fait, et ce qu’il faut accepter

antiX 26.1 n’est pas une distribution « pour tout le monde ». Elle vise trois profils : le ressusciteur de vieux matériel, qui veut donner une seconde vie à un PC de dix ans ; le minimaliste, qui préfère un socle de 660 Mo à une image de plusieurs gigaoctets ; et le puriste de l’init, qui tient à garder la main sur la façon dont son système démarre.

Il faut accepter les contreparties. Les noyaux proposés (5.10 et 6.6) sont plus anciens que ceux des distributions de pointe : la stabilité se paie en matériel récent moins bien supporté. L’absence de Flatpak et de Snap limite l’accès aux applications packagées en dehors des dépôts. Et la communauté, quoique fidèle, est plus petite que celle de Debian ou d’Ubuntu : le support se joue davantage sur le forum et la documentation que sur des canaux massifs.

Le bulletin de sortie signale d’ailleurs une limite connue — un souci de détection de certaines souris Bluetooth — qui rappelle qu’une distribution légère ne bénéficie pas toujours de la même couverture matérielle qu’une distribution lourde. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est à intégrer dans le choix.

antiX face à MX Linux et aux alternatives sans systemd

antiX n’est pas seul sur le créneau, et il faut le situer. MX Linux, sa distribution sœur, repose sur le même socle Debian et partage les outils maison d’antiX, mais vise un public plus large : environnement Xfce par défaut, systemd disponible en option, images plus fournies. antiX est le noyau dur — le socle minimal, sans systemd et sans Xfce, dont MX Linux hérite. Si MX Linux est le compromis confortable, antiX est la version radicale.

Face aux autres options sans systemd, le positionnement se précise. Devuan reprend Debian en remplaçant systemd par SysVinit ou OpenRC, mais reste plus proche de Debian par sa taille et son outillage. Alpine est minimal mais n’est pas glibc — une incompatibilité réelle pour certains binaires. Void Linux offre runit et un gestionnaire de paquets propre (xbps), mais sur une base non-Debian. antiX combine ce que les autres séparent : la compatibilité Debian, l’absence de systemd, cinq systèmes d’init au choix et des images 32 bits.

Ce qui distingue vraiment antiX 26.1, c’est l’attention portée au vieux matériel : les noyaux 5.10 et 6.6, l’image Core de 660 Mo, les gestionnaires de fenêtres légers et le support 32 bits en font l’un des derniers refuges pour un PC que les distributions modernes ont abandonné. Ce n’est pas un argument marketing, c’est une utilité réelle — et c’est ce qui maintient le projet en vie.

Verdict

Si vous avez un vieux PC à faire revivre, antiX 26.1 est l’une des meilleures réponses actuelles : une base Debian 13 solide, une image Core de 660 Mo, des images 32 bits pour les machines les plus anciennes, et une consommation mémoire qui laisse le matériel respirer. Si vous voulez un système sans systemd dont vous contrôlez l’init, prenez antiX et choisissez votre système d’init à l’installation — c’est la seule distribution grand public à offrir ce choix. Si vous cherchez un poste de travail moderne avec les dernières applications, restez sur Debian standard ou une distribution à Flatpak : le refus de Snap et de Flatpak d’antiX, et ses noyaux volontairement conservateurs, vous feront perdre plus que vous ne gagnerez. La leçon d’antiX dépasse son cas : le choix de l’init n’est pas un détail de nostalgie, c’est un vrai degré de liberté — et il reste quelqu’un pour le maintenir.

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