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Ceph Squid atteint sa fin de vie aujourd’hui, alors qu’Umbrella 21.2.0 sort tout juste

Le 31 octobre 2026, Ceph Squid (19.x) atteint sa fin de vie estimée, deux jours après la sortie d’Umbrella 21.2.0, la 21e version stable. Le chemin de migration n’est pas direct : Ceph impose une montée de version majeure à la fois, et Umbrella exige une base Rocky Linux 10 et des CPU x86-64-v3.

Un mur de baies de disques durs identiques dans un rack sombre, un seul disque dont la LED d’activité ambre luit.

31 octobre 2026. Ceph Squid (19.x) atteint sa fin de vie estimée. 28 octobre 2026. La version 21.2.0, baptisée Umbrella, est publiée — c’est la 21e version stable du projet. Entre les deux, une contrainte qui structure toute migration : Ceph n’autorise qu’une montée de version majeure à la fois, et Umbrella change de socle système.

Squid s’arrête aujourd’hui, Tentacle reste le chemin de sortie

Le tableau des versions actives, publié par la documentation officielle, est sans ambiguïté. Squid (19.x), sorti le 26 septembre 2024 et poussé jusqu’à 19.2.7 le 12 octobre 2026, voit sa fin de vie estimée fixée au 31 octobre 2026 — aujourd’hui. À partir de là, plus de correctifs de sécurité ni de backports pour la branche.

Tentacle (20.x), sorti le 18 novembre 2025 et porté à 20.2.4 le 19 août 2026, reste la branche stable de référence, avec une fin de vie au 1er juin 2027. Umbrella (21.x), tout juste publié, court jusqu’au 28 octobre 2028. La mécanique est donc limpide : un cluster en Squid doit d’abord passer par Tentacle, puis, s’il le souhaite, par Umbrella. Il n’existe pas de raccourci Squid → Umbrella — Ceph impose une version majeure à la fois, et c’est une règle de conception, pas une préférence d’équipe.

Cette règle a une conséquence opérationnelle immédiate. Attendre trop longtemps sur Squid, c’est accumuler deux sauts de version à effectuer en séquence, chacun avec son lot de vérifications de santé, de scrubs et de basculements de démons. La sortie d’Umbrella ne raccourcit pas ce chemin ; elle rend l’attente plus coûteuse.

Umbrella 21.2.0 : ce qui change sous le capot

Umbrella n’est pas une version cosmétique. La note de version liste des changements qui touchent le cœur du stockage.

D’abord, l’erasure coding optimisé (« Fast EC »), un nouveau chemin d’E/S qui inclut des lectures directes EC, le support CLS pour les lectures EC, le support OMAP et une vérification CRC accélérée des données et de la première parité. Pour les clusters qui encodent des données volumineuses en EC, c’est un gain de performance potentiel — et une raison de plus de tester avant de généraliser.

Ensuite, le durcissement de l’authentification CephX. Umbrella introduit le chiffrement AES256KRB5 comme nouveau défaut, en remplacement de types de clés historiques plus faibles, ainsi que la rotation de clés en ligne pour les démons mon, OSD et MDS pendant les montées de version. La version corrige au passage CVE-2025-30156, CVE-2026-39944, CVE-2026-50152 et CVE-2026-54330 — dont une mauvaise utilisation d’AES-CBC permettant un contournement d’authentification. Pour un cluster exposé, c’est l’argument sécurité le plus fort du lot.

Enfin, des évolutions plus larges : le PG autoscaler relève ses plafonds par défaut (mon_target_pg_per_osd de 100 à 200, mon_max_pg_per_osd de 250 à 500), ce qui peut amener des pools existants à se redécouper en plus de PG après la mise à niveau ; Crimson/Seastore continue sa montée en puissance avec le support EC ; le RGW gagne la déduplication d’objets (en tech preview) et le chiffrement AES-256-GCM ; et le dashboard migre vers le design system IBM Carbon.

La mécanique d’une montée de version Ceph, en pratique

Concrètement, une montée de version majeure sur Ceph se pilote via cephadm : on commence par mettre à jour les démons monitor et manager, puis les OSD, puis les MDS et le RGW, en laissant le cluster se stabiliser entre chaque étape. Ceph orchestre ce rolling upgrade sans interrompre le service — les données restent servies pendant la migration — mais chaque étape suppose un cluster sain au départ. C’est pourquoi la consigne de la documentation est toujours la même : vérifier ceph -s, résoudre les avertissements, puis monter une version majeure à la fois, sans jamais sauter d’échelon ni tenter de redescendre. Un cluster en Squid qui vise Umbrella doit donc passer par Tentacle, laisser le cluster se stabiliser, puis enchaîner. C’est un marathon en deux étapes, pas un sprint.

La falaise cachée : Rocky Linux 10 et x86-64-v3

Le point que la plupart des opérateurs découvriront au moment de la montée de version n’est pas une fonctionnalité — c’est le socle. Les images de conteneurs Umbrella reposent sur Rocky Linux 10 (el10), qui exige un CPU supportant le niveau de microarchitecture x86-64-v3. Les hôtes équipés de processeurs plus anciens ne pourront pas exécuter les démons conteneurisés d’Umbrella.

En clair : un cluster Squid qui tourne sur du matériel daté peut migrer vers Tentacle sans encombre — Tentacle reste sur un socle plus ancien — mais se heurtera au mur x86-64-v3 le jour où il voudra franchir le pas vers Umbrella. C’est une vérification à faire avant de planifier, pas pendant la fenêtre de maintenance.

La seconde exigence est plus douce : Python 3.9 ou plus est requis sur tous les hôtes pour cephadm. Là encore, un hôte figé sur une distribution ancienne peut bloquer la montée de version pour une raison qui n’a rien à voir avec Ceph lui-même.

bash
# 1. Vérifier la version actuelle du cluster
ceph versions

# 2. Vérifier le support x86-64-v3 (niveau de microarchitecture CPU)
lscpu | grep -E 'Model name|Flags' | head -2
# x86-64-v3 requiert AVX2 ; chercher avx2 dans les flags :
lscpu | grep -o 'avx2' || echo "avx2 absent — Umbrella en conteneur est bloqué"

# 3. Vérifier la version de Python pour cephadm
python3 --version

# 4. Avant de monter : vérifier la santé du cluster
ceph -s

Une cadence de publication qui s’accélère

Le calendrier des versions raconte une histoire en creux. Squid a tenu un peu plus de deux ans (septembre 2024 → octobre 2026). Tentacle court sur un horizon similaire (novembre 2025 → juin 2027). Umbrella pousse l’échéance à deux ans et demi. Mais la sortie d’Umbrella arrive trois jours seulement avant la fin de vie de Squid — un chevauchement court, qui laisse peu de temps à un exploitant en Squid pour valider Tentacle avant que sa branche ne devienne orpheline.

Ce n’est pas une critique de la communauté Ceph ; c’est une contrainte de fait pour les équipes qui gèrent le stockage distribué sans y consacrer une personne à plein temps. Le stockage, on le met à jour quand il le faut, pas quand on en a envie — et la fenêtre entre deux versions majeures se resserre. Pour une équipe réduite, cela se traduit par une règle simple : ne jamais laisser un cluster en fin de vie, car chaque mois de retard ajoute une montée de version majeure supplémentaire au chemin critique. Le stockage récompense la discipline ennuyeuse de rester à jour, et punit le sprint excitant du rattrapage.

Verdict

Si vous exploitez un cluster Ceph Squid, lancez la montée vers Tentacle maintenant : votre branche est en fin de vie aujourd’hui, et la seule sortie passe par une version majeure à la fois. Ne sautez pas directement vers Umbrella : la règle séquentielle de Ceph l’interdit de toute façon, et Umbrella change de socle système — vérifiez d’abord que vos hôtes supportent x86-64-v3 et Python 3.9+ avant même de planifier. Et si vous êtes déjà en Tentacle, restez-y pour l’instant : c’est la branche stable, maintenue jusqu’au 1er juin 2027, et Umbrella n’a que trois jours — laissez-lui le temps de prouver sa stabilité en production avant de l’adopter. Ceph Squid ne disparaît pas d’un coup de baguette : il devient simplement un cluster sans filet, et dans le stockage distribué, la seule chose qui compte plus que la capacité, c’est la version sur laquelle elle repose.

Références

cve

Vulnérabilités liées

CVE-2025-30156Ceph is an open-source distributed storage platform providing object, block, and file storage. In versions prior to 20.2.4 and 19.2.6, the CephX authentication protocol encrypts tickets with AES-128-CBC in an unauthenticated mode that uses a hard-coded initialization vector and no message authentication, allowing an attacker to forge credentials and gain cluster-wide access. Because the ciphertext is malleable and the monitor will encrypt attacker-chosen entity names, an attacker holding one low-privilege key and able to observe CephX traffic can use the monitor as an encryption oracle and splice ciphertext blocks into valid tickets for privileged entities such as Manager, MDS, and OSD. The same lack of authentication also lets an attacker with CephX permissions escalate privileges by flipping a single bit in a service ticket to set its allow_all field to true. This issue is fixed in versions 20.2.4 and 19.2.6. Élevée CVSS 8.9 28/08 CVE-2026-39944Ceph is an open-source distributed storage platform providing object, block, and file storage. In versions prior to 20.2.4 and 19.2.6, the RADOS Gateway (RGW) protects STS session tokens with an AES-128-CBC handler that provides no message authentication, allowing an attacker who holds any valid STS token to tamper with it undetected and escalate to full RGW administrative access. Because the ciphertext is unauthenticated, the attacker can perform a CBC bit-flip on the acct_type, perm_type, and is_admin fields of their own token, and a forged is_admin value triggers a global administrative override that bypasses all capability checks. The attack is reachable remotely over the RGW S3 endpoint and is a self-contained modification of a token the attacker already possesses, requiring no encryption oracle and no network observation. It requires only a single valid STS token, which need not carry any elevated privileges, with STS enabled. This issue is fixed in versions 20.2.4 and 19.2.6. Élevée CVSS 8.8 28/08 CVE-2026-50152Ceph is an open-source distributed storage platform providing object, block, and file storage. In versions prior to 20.2.4 and 19.2.6, the Monitor subscription handler fails to properly authorize access to the configuration-key store, allowing any CephX user with only  `mon allow r` capabilities to read the entire store by sending a single crafted MMonSubscribe message. The config-key store holds sensitive secrets including OSD LUKS disk-encryption passphrases and, on cephadm-managed clusters, the SSH private key that cephadm uses to reach every host in the cluster. Because that key grants root on every node under the default cephadm configuration, a low-privileged read-only account can escalate to full cluster and host compromise. This issue is fixed in versions 20.2.4 and 19.2.6 Critique CVSS 9.1 28/08 CVE-2026-54330Ceph is an open-source distributed storage platform providing object, block, and file storage. In versions prior to 20.2.4 and 19.2.6, the Ceph Object Gateway (RGW) SigV4 handler does not reject requests that carry x-amz-* headers absent from the signed header set, allowing anyone holding a presigned URL to attach arbitrary unsigned x-amz-* headers that RGW will honor. AWS S3 requires every x-amz-* header on a SigV4 request to be signed and rejects requests bearing additional unsigned headers, but RGW validates only the headers listed in X-Amz-SignedHeaders and ignores any extra ones, so they take effect without being covered by the signature. By adding such headers to a presigned PUT URL, an attacker can grant themselves more capabilities than the URL's signer intended and escalate their privileges. This issue is fixed in versions 20.2.4 and 19.2.6. Élevée CVSS 8.1 28/08

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