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LibreOffice rouvre les fichiers Microsoft Publisher que Microsoft a abandonnés le 13 octobre

Le 13 octobre 2026, Microsoft débranche Publisher : les abonnés Microsoft 365 ne peuvent plus ouvrir leurs fichiers PUB, un format propriétaire vieux de trente ans. LibreOffice et Scribus, via la bibliothèque libmspub rétro-conçue, rouvrent ces documents : migrez-les vers l’ODF avant que le format ne devienne illisible.

Une pile de vieux bulletins et prospectus imprimés sortie d’un tiroir de classeur métallique, une page retenue par une seule pince à dessin ambre.

13 octobre 2026. Microsoft débranche Publisher : l’application cesse d’être prise en charge, et les abonnés Microsoft 365 ne peuvent plus ouvrir leurs fichiers PUB. 14 octobre 2026. The Document Foundation annonce que LibreOffice et Scribus, grâce à la bibliothèque libmspub rétro-conçue par le Document Liberation Project, rouvrent ces documents. Pourquoi c’est important : des millions de bulletins, de prospectus et de calendriers produits pendant trente ans sont désormais prisonniers d’un format que son propre créateur a laissé tomber — et la sortie de secours existe, à condition de migrer maintenant.

Ce que Microsoft a débranché, et ce qu’il propose à la place

Le calendrier était connu, mais la coupure reste brutale. Dès le 1er octobre 2026, Publisher a cessé d’être livré dans les abonnements Microsoft 365 ; le 13 octobre 2026, la version perpétuelle a à son tour perdu tout support. Concrètement, un abonné Microsoft 365 ne peut plus ouvrir ses fichiers PUB — pas seulement les éditer : les ouvrir.

La recommandation officielle de Microsoft illustre le piège. L’éditeur suggère de convertir les fichiers PUB en PDF pour les consulter, et en DOCX pour les éditer. Deux impasses : le PDF fige la mise en page sans permettre l’édition, et le DOCX n’est pas un outil de mise en page — Word casse la composition des documents complexes lors de la conversion. Dans les deux cas, l’utilisateur est invité à migrer d’un format propriétaire contrôlé par un éditeur vers… un autre format propriétaire contrôlé par le même éditeur.

Le PUB n’étant pas un standard ouvert, personne d’autre que Microsoft n’en détient la spécification. C’est exactement ce qu’expose The Document Foundation : quand le format est propriétaire, l’accès à vos documents disparaît avec l’application qui les a créés.

La sortie de secours : rétro-concevoir pour récupérer ses documents

La communauté du logiciel libre a répondu par la méthode qui lui est propre. Le Document Liberation Project a rétro-conçu le format PUB et produit libmspub, une bibliothèque qui décode les fichiers Publisher. LibreOffice et Scribus s’appuient dessus pour importer ces documents.

Concrètement, trois chemins s’offrent à vous :

  • LibreOffice Draw ouvre, visualise et édite les fichiers PUB directement. Ce n’est pas un outil de publication assistée par ordinateur, mais il suffit pour les bulletins multi-pages de taille modeste ou les documents d’une page.
  • Scribus, logiciel libre de PAO, importe aussi le PUB pour un vrai travail de mise en page — sans toutefois reposer sur un format de document standard.
  • L’ODF (OpenDocument Format) est la destination à viser : un standard ISO, indépendant de tout éditeur, dans lequel LibreOffice peut enregistrer le document récupéré.

La différence n’est pas cosmétique. Un fichier enregistré en ODF vous appartient : vous pouvez l’ouvrir avec LibreOffice, OnlyOffice ou Collabora Office, aujourd’hui comme dans dix ans. Un fichier PUB reste, lui, à la merci d’une décision de produit.

La leçon qui dépasse Publisher

Publisher n’est pas le premier logiciel Microsoft à disparaître, et ce ne sera pas le dernier. La question que l’affaire pose à quiconque gère des documents — une mairie, une école, une association, une PME — tient en une phrase : qui contrôle l’accès à vos documents ?

La réponse dépend du format. Un format propriétaire confie le contrôle à l’éditeur. Un format standard et ouvert comme l’ODF le rend à l’utilisateur. Cette distinction, qui paraît théorique, a ici un coût bien réel : des bibliothèques entières de bulletins associatifs, de programmes de paroisse, de calendriers municipaux, produites sur des décennies, qui deviennent inaccessibles du jour au lendemain.

Le moment où il faut agir, c’est maintenant — tant qu’il est encore possible d’ouvrir les fichiers. Attendre, c’est laisser la fenêtre de migration se refermer à mesure que les machines et les licences capables de lire le PUB disparaissent du parc.

Migrer sans rien perdre

La migration d’un stock de fichiers PUB se prépare comme un projet d’infrastructure, pas comme une corvée de fin de journée.

  • Inventorier d’abord. Recensez les fichiers PUB : ils dorment souvent sur des partages réseau, dans des messageries ou sur d’anciens postes. Un find sur les volumes partagés suffit à les localiser.
  • Tester l’import sur un échantillon. Ouvrez quelques fichiers représentatifs dans LibreOffice Draw ou Scribus pour mesurer la fidélité de la conversion. Les documents simples passent presque toujours ; les mises en page complexes peuvent demander une retouche.
  • Enregistrer en ODF. Convertissez le stock vers l’ODF — ou vers PDF/A pour l’archivage des documents qui ne doivent plus être édités. Les deux formats sont faits pour durer, contrairement au PUB.
bash
# Repérer les fichiers Publisher sur un partage réseau
find /mnt/partage -type f \( -iname "*.pub" \) -print

Le piège à éviter est la procrastination. Chaque jour qui passe, le parc de postes capables de lire le PUB se réduit. Il n’y aura pas de seconde chance : une fois l’application retirée de l’écosystème Microsoft, la migration repose entièrement sur les outils libres — et ils existent déjà, mais il faut les utiliser pendant que les fichiers sont encore lisibles.

Ce que ça dit de la stratégie de format d’une organisation

Cette affaire est un cas d’école pour toute politique documentaire sérieuse. La question n’est pas « quel logiciel ouvrira ce fichier l’an prochain », mais « quel format survivra à son logiciel ».

Le PUB a tenu trente ans, puis il est mort avec son application. L’ODF est un standard ISO/IEC 26300 maintenu par un consortium indépendant ; le PDF/A est conçu pour l’archivage long terme. Quand un organisme public ou une association choisit un format pour des documents à durée de vie longue — registres, bulletins, publications — il choisit en réalité qui détiendra les clés d’accès dans vingt ans.

LibreOffice n’est pas seulement le « sauveteur » de circonstance de ce dossier : il incarne la réponse structurelle. Une suite libre, qui lit et écrit des standards ouverts, garantit que vos documents restent les vôtres, quel que soit le sort des logiciels qui les ont produits.

Une vague de retraits, pas un cas isolé

Publisher n’arrive pas seul. Il s’inscrit dans une vague de retraits que Microsoft a déclenchée autour d’octobre 2026 : les utilisateurs d’Office 2021 et d’Office LTSC 2021 sont, eux aussi, poussés vers la sortie, et The Document Foundation les cite nommément. Le scénario est chaque fois identique — une application disparaît, et son format propriétaire devient orphelin du jour au lendemain.

Ce qui rend Publisher plus aigu, c’est la nature de ses fichiers. Là où un document Word survit à peu près à une conversion vers DOCX puis vers l’ODF, un fichier PUB porte une mise en page — colonnes, repères, habillage — qu’aucun autre format propriétaire ne reproduit fidèlement. La perte n’est pas seulement l’accès au texte : c’est la composition elle-même qui risque de disparaître.

C’est exactement pourquoi la rétro-conception du Document Liberation Project a une valeur qui dépasse la nostalgie. Chaque format propriétaire déchiffré — libmspub pour Publisher, mais aussi les bibliothèques sœurs pour d’anciens formats de la suite Office — est une assurance collective contre la disparition d’une application. Tant que le format est documenté, même a posteriori, vos documents restent récupérables.

Verdict

Si vous détenez des fichiers PUB, agissez maintenant, pas dans six mois : ouvrez-les dans LibreOffice Draw ou Scribus, vérifiez la conversion sur un échantillon, puis enregistrez le stock en ODF ou en PDF/A. Si vous pilotez une politique documentaire pour une collectivité, une école ou une PME, faites de l’ODF le format par défaut de tout document à durée de vie longue, et traitez le format propriétaire comme une dette à refinancer. La leçon de Publisher est limpide : un document dont le format appartient à un éditeur cesse d’être votre document le jour où l’éditeur décide qu’il n’existe plus.

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