Manjaro 26.1 livre GNOME 50, Plasma 6.7 et le noyau 7.1 aux postes Arch
Le 12 août 2026, Manjaro publie sa version 26.1 « Bian-May », la première livraison majeure depuis janvier, avec GNOME 50, KDE Plasma 6.7, Xfce 4.20 et le noyau Linux 7.1. Pour une distribution en rolling release, cette sortie est surtout un instantané de ce que vaut l’écosystème desktop Linux en août 2026.
12 août 2026. L’équipe Manjaro publie Manjaro 26.1, nom de code « Bian-May », la première version majeure depuis Manjaro 26.0 de janvier. Les images ISO sont datées du 12 août, et embarquent trois environnements de bureau à jour — GNOME 50, KDE Plasma 6.7 et Xfce 4.20 — ainsi que le noyau Linux 7.1 par défaut. Pour une distribution en rolling release, cette sortie est moins une rupture qu’un instantané soigné de l’état du desktop Linux en août 2026.
Et cet état vaut le coup d’œil : les trois éditions illustrent chacune une manière différente de faire tourner Arch Linux sur un poste de travail, et la version 26.1 cristallise des avancées — contrôles parentaux, accélération matérielle du bureau à distance, bascule clair/sombre instantanée — qui intéressent aussi bien l’utilisateur domestique que le poste d’entreprise.
GNOME 50 : les contrôles parentaux sortent du bac à sable
L’édition GNOME passe à GNOME 50, la série « Tokyo » publiée en mars 2026. C’est un saut notable par rapport au GNOME 49 de la version 26.0, et l’avancée la plus visible est sociale autant que technique : les contrôles parentaux deviennent de première classe.
Pour la première fois, un parent peut surveiller le temps d’écran, fixer des limites quotidiennes et des horaires de coucher pour les comptes enfants directement depuis les Paramètres. L’écran se verrouille automatiquement quand la limite est atteinte, et le tuteur peut prolonger la session à la volée. Manjaro ajoute en plus Big Parental Controls 1.0, issu du projet frère Big Linux, pour répondre aux exigences légales récentes au Brésil — un rappel que le desktop libre doit désormais composer avec les réglementations nationales sur la protection des mineurs.
Deux autres chantiers comptent pour les professionnels :
- Le bureau à distance s’accélère : le partage d’écran profite désormais de l’accélération matérielle Vulkan et VA-API, ce qui rend les sessions distantes plus fluides et moins gourmandes en énergie. Le support explicit sync améliore la compatibilité avec les pilotes NVIDIA ;
- L’affichage gagne en stabilité : le Variable Refresh Rate (VRR) et le fractional scaling sont mieux gérés, et le curseur de souris se déplace désormais indépendamment de la fréquence d’images d’une application — un confort réel quand un jeu tourne à basse cadence pendant que le pointeur reste fluide.
Plasma 6.7 : le raffinement, pas la révolution
L’édition Plasma embarque KDE Plasma 6.7, avec KDE Frameworks 6.28 et KDE Gear 26.04. Là où GNOME 50 ajoute des fonctions, Plasma 6.7 polit les gestes du quotidien.
La nouveauté la plus demandée est la bascule clair/sombre instantanée : un simple interrupteur permet de changer de Global Theme sans passer par les réglages, dans la continuité du thème jour/nuit introduit par Plasma 6.6. La Zone de notification fait remonter les applications utilisant le nouveau système Background Apps, un vrai plus pour les applications Flatpak qui tournent en arrière-plan sans fenêtre.
Le reste est une affaire de friction éliminée : le changement de bureau virtuel dans l’Aperçu est plus rapide, les favoris se réorganisent par glisser-déposer, la gestion des logiciels est simplifiée, et les notifications glissent depuis le bord d’écran le plus proche — un détail d’ergonomie qui, sur un multi-écran, n’en est pas un.
Xfce 4.20 : la troisième voie, discrète et efficace
L’édition Xfce reste sur Xfce 4.20, mais apporte des améliorations pratiques qui rappellent pourquoi cette variante légère garde ses fidèles. Thunar, le gestionnaire de fichiers, gagne la mise en évidence de fichiers — une couleur de fond et de texte personnalisable par fichier — ainsi que la recherche récursive.
Le panneau progresse aussi : sa longueur se règle désormais en pixels plutôt qu’en pourcentage, et une nouvelle option permet aux fenêtres maximisées de remplir l’espace derrière le panneau plutôt que de s’arrêter à son bord. Le Centre de contrôle récupère plusieurs réglages utiles, dont la désactivation des barres d’en-tête dans les dialogues et la définition d’un comportement multi-écran avant de brancher un second écran.
Le noyau, et la vraie question du rolling release
Manjaro 26.1 embarque le noyau Linux 7.1 par défaut, la version publiée par Linus Torvalds le 14 juin 2026. Les noyaux 6.18 LTS et 6.12 LTS restent disponibles pour ceux qui privilégient la stabilité à long terme. Ce choix illustre le positionnement de Manjaro : une base Arch à jour, mais avec la possibilité de rester sur une branche LTS quand le matériel ou la production l’exige.
C’est là que la version 26.1 mérite une lecture honnête. Pour une distribution en rolling release, un numéro de version n’est qu’un point de repère : les utilisateurs existants reçoivent déjà ces mises à jour par le flux normal, sans réinstallation. La sortie sert avant tout à produire des ISO de référence pour les nouvelles installations et à valider l’ensemble de la pile sur un instantané cohérent. Le véritable test de Manjaro n’est pas ce qu’il livre aujourd’hui, mais sa capacité à continuer à le faire sans casser la machine de ses utilisateurs — l’éternelle ligne de crête d’une distribution basée sur Arch.
Manjaro face à Arch : ce que la dérivée apporte
La question revient à chaque sortie : pourquoi choisir Manjaro plutôt qu’Arch Linux pur ? La réponse tient en trois écarts concrets. D’abord, la validation : les paquets Arch transitent par un dépôt Manjaro retardé de quelques semaines, ce qui laisse le temps aux régressions d’être repérées avant d’atteindre les postes. Ensuite, le matériel : l’outil mhwd (Manjaro Hardware Detection) détecte et installe les pilotes — notamment NVIDIA — sans manipulation manuelle, un vrai gain sur les portables hybrides. Enfin, la cohérence : une ISO comme la 26.1 est testée d’un bloc, avec ses trois bureaux et son noyau, là où un utilisateur Arch assemble lui-même chaque brique.
Le revers est assumé : ce retard de quelques semaines signifie que Manjaro n’est jamais tout à fait à la pointe d’Arch, et la superposition de dépôts — Manjaro empile ses paquets sur ceux d’Arch — a parfois produit des conflits de versions par le passé. Pour un utilisateur qui veut la fraîcheur d’Arch sans en assumer la maintenance, c’est un compromis raisonnable ; pour un puriste du do it yourself, Arch reste le choix logique.
Verdict
Manjaro 26.1 n’apporte aucune rupture, et c’est précisément sa qualité. Les trois éditions livrent des environnements mûrs, avec des gains réels là où ils comptent : les contrôles parentaux de GNOME 50, l’accélération du bureau à distance, la bascule clair/sombre de Plasma 6.7 et les petits conforts de Xfce 4.20.
La recommandation est tranchée. Si vous installez une nouvelle machine aujourd’hui, prenez l’ISO 26.1 : vous évitez des mois de mises à jour cumulées et démarrez sur une pile cohérente testée ensemble. Si vous êtes déjà sous Manjaro, ne faites rien de spécial : votre flux de mises à jour vous a déjà amené l’essentiel. Et si vous hésitez encore entre Arch et une dérivée plus encadrée, la branche LTS 6.18 de Manjaro reste le meilleur compromis entre fraîcheur et stabilité pour un poste de travail qui doit rester disponible demain matin.