Une étude sur 443 000 disques Backblaze classe HGST et WD plus fiables que Seagate et Toshiba
Une étude IEEE parue en août 2026 analyse 443 156 disques Backblaze sur 1,66 million d’années-disque et corrige les biais d’âge : à conditions égales, HGST et WD tombent deux fois moins que Seagate et Toshiba. Pour un NAS ou un homelab, la leçon porte moins sur la marque que sur la température et la capacité.
Août 2026. Une étude IEEE à comité de lecture, signée Christoph Siemroth (université d’Essex) et Yeomyung Park (université Sungkyunkwan), analyse 443 156 disques durs Backblaze. 2013 au deuxième trimestre 2025. La période couverte, soit plus de 1,66 million d’années-disque. À conditions égales. HGST tombe à environ 41 % du taux de Seagate, WD à 52 %, et Toshiba à 107 %.
Pour quiconque achète des disques pour un NAS, la conclusion tient en une phrase : les comparaisons brutes de taux de panne mentent, et une fois les biais corrigés, Seagate et Toshiba tombent environ deux fois plus que WD et HGST.
Pourquoi le taux brut ment
Le piège classique des rapports trimestriels de Backblaze est la comparaison directe des AFR (annualized failure rates) entre fabricants. Le problème : les flottes n’ont pas le même âge. HGST a dominé les nouvelles installations en 2014, Seagate a fourni l’essentiel des disques de 2015 à 2020, Toshiba a été le plus installé en 2023, et WD en 2024.
Comparer ces marques sans correction revient à opposer un parc de disques anciens à un parc de disques récents. Or le risque de panne d’un disque dépend de son âge d’exploitation, de sa capacité, de son format, de sa température et de sa génération technique — un disque récent rempli d’hélium n’est pas comparable à un ancien modèle à air.
L’étude corrige ces biais avec des régressions de durée de vie, et traite aussi les disques retirés sans panne enregistrée — 146 943 unités, soit 31 % de l’échantillon — comme des données censurées à droite, plutôt que comme des disques éternellement sains. C’est cette rigueur qui fait la différence avec un simple ratio pannes/jours.
Le classement, une fois corrigé
Avec Seagate comme référence, les taux de panne ajustés donnent un classement net. HGST arrive en tête à 41 % du taux de Seagate. WD suit à 52 %, un écart que les auteurs jugent statistiquement significatif. Toshiba termine dernier à 107 %, à peine au-dessus de Seagate.
Traduit simplement : Seagate et Toshiba tombent environ deux fois plus que HGST et WD dans la flotte étudiée. Mais le diable est dans la trajectoire. Seagate part déjà avec un taux plus élevé sur les disques jeunes, puis vieillit relativement en douceur. Toshiba suit l’inverse : son taux mensuel de panne quadruple après 60 mois de service, avec 5 à 6 pannes pour 1 000 disques par mois entre 50 et 100 mois, quand les autres marques restent sous 2,5.
Autrement dit, une marque peut être correcte à l’installation et se dégrader brutalement en fin de vie. C’est précisément l’information qu’un acheteur de NAS cherche — et que le taux brut ne donne pas.
Ce qui compte vraiment : température et capacité
L’étude livre deux leviers actionnables, bien plus utiles qu’un classement de marques.
D’abord, la température. Chaque degré Celsius de température moyenne supplémentaire augmente le taux de panne calculé d’environ 2,1 % ; sur un écart de dix degrés, l’effet cumulé atteint 23 %. Ce n’est pas un seuil au-delà duquel un disque meurt, mais une relation statistique claire : un NAS mal ventilé, dont les disques tournent chaud, use ses disques plus vite. Un refroidissement maîtrisé reste le meilleur investissement fiabilité.
Ensuite, la capacité. Chaque téraoctet supplémentaire est associé à une baisse du taux de panne d’environ 3,4 %. Les auteurs l’attribuent en partie à la part croissante des conceptions récentes — disques remplis d’hélium, têtes améliorées — parmi les modèles haute capacité. La capacité en elle-même ne fiabilise pas un disque ; elle est le marqueur d’une génération plus récente.
Enfin, l’étude constate une amélioration par année d’installation chez tous les fabricants : Seagate baisse d’environ 10 à 11 % par année de déploiement, Toshiba et WD parfois davantage. Une marque évaluée sur douze ans ne reflète donc pas une caractéristique figée — les plateformes, les moteurs, les têtes et le firmware évoluent.
Verdict
Si vous achetez des disques pour un NAS ou un homelab, le classement ajusté donne une règle simple : privilégiez WD — ou les conceptions issues de la lignée HGST — et méfiez-vous de Toshiba pour des baies que vous comptez garder au-delà de cinq ans, car son taux explose après 60 mois. Seagate se défend sur les disques jeunes, mais part plus haut.
Si votre budget est le vrai critère, la leçon porte ailleurs : avant de débattre de la marque, soignez la ventilation de votre baie — dix degrés de moins valent 23 % de pannes en moins — et achetez des disques récents et haute capacité, qui sont statistiquement plus fiables que de l’ancien matériel à petit prix.
Si vous lisez les rapports trimestriels de Backblaze, gardez en tête la limite de l’étude : elle décrit une flotte de datacenter, pas des disques de bureau, et seul 0,52 % des disques ont dépassé dix ans de service. Le résultat éclaire la fiabilité des premières années, pas la durée de vie complète. Utilisez-le pour choisir, pas pour prédire la mort d’un disque précis.