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Coolify met un Vercel gratuit sur votre serveur en une commande

Coolify publie sa version 4.2.0 le 21 juillet 2026, trois jours avant cet article. Ce PaaS open-source déploie vos apps, vos bases de données et 280 services en un clic sur n’importe quel serveur Linux — sans facture au Go ni limite de bande passante.

Coolify met un Vercel gratuit sur votre serveur en une commande — illustration ETTAYEB

Le 21 juillet 2026, Coolify publie sa version 4.2.0. Trois jours plus tard, le projet affiche 59 800 étoiles sur GitHub et rapporte un revenu mensuel de 21 200 $ via sa version cloud, sans jamais avoir verrouillé une fonctionnalité derrière un paywall. Andras Bacsai, son créateur, maintient le cap qu’il s’est fixé au lancement du projet en 2021 : un PaaS open-source, hébergé sur vos serveurs, capable de déployer n’importe quelle application en une commande.

Pour qui a goûté à Vercel ou Netlify, la promesse est presque trop belle : le même confort de déploiement que les plateformes fermées, mais sur un VPS à 5 $ chez Hetzner, sans plafond de bande passante à 100 Go et sans surprise sur la facture en fin de mois.

Ce que Coolify déploie réellement

Coolify est un PaaS (Platform as a Service) qui s’installe sur n’importe quel serveur Linux via une seule commande :

bash
curl -fsSL https://cdn.coollabs.io/coolify/install.sh | bash

Le script configure Docker Engine 24+, crée les répertoires sous /data/coolify, génère les clés SSH et démarre l’interface web sur le port 8000. Moins d’une minute pour une installation propre, à condition de partir d’un Ubuntu LTS (20.04, 22.04 ou 24.04) ou d’une Debian fraîche — les versions non-LTS d’Ubuntu et Alpine nécessitent l’installation manuelle.

Une fois l’interface accessible, Coolify se connecte à vos serveurs cibles par SSH. Ces serveurs peuvent être des VPS, des bare metal, des machines virtuelles, des Raspberry Pi ou même un vieux portable — tout ce qui tourne sous Linux. La configuration minimale recommandée est de 2 cœurs CPU, 2 Go de RAM et 30 Go d’espace disque.

La liste de ce que Coolify déploie est longue, mais elle se résume à quatre catégories :

  • Apps web — sites statiques, Node.js, Python, PHP, Go, Ruby, Rust, Elixir et tout langage compatible avec Docker. L’intégration Git (GitHub, GitLab, Bitbucket, Gitea et instances auto-hébergées) déclenche le déploiement automatique à chaque push, avec gestion des pull requests et previews isolées.
  • Bases de donnéesPostgreSQL, MySQL, MariaDB, MongoDB, Redis, ClickHouse et Dragonfly, provisionnées en quelques clics avec sauvegardes automatiques vers n’importe quel stockage compatible S3.
  • 280 services en un clic — de Plausible Analytics à UptimeKuma en passant par Ghost, n8n, Nextcloud, Grafana ou Inngest. Les templates sont maintenus par la communauté et mis à jour avec les versions upstream.
  • Images Docker personnalisées — n’importe quel conteneur, avec variables d’environnement, volumes persistants et reverse proxy automatique.

Les certificats SSL Let’s Encrypt sont générés et renouvelés automatiquement. Les notifications de déploiement passent par Discord, Telegram ou email. Un terminal en temps réel intégré à l’interface web permet de lancer des commandes directement sur les serveurs sans quitter le navigateur.

La comparaison qui fâche

CritèreVercel (Hobby)Vercel (Pro)Coolify self-hostedPrix mensuelGratuit20 $Gratuit (hors serveur ~5 $)Bande passante100 Go1 To puis 0,15 $/GoIllimitée (plafonnée par le serveur)Edge Requests1 M10 M puis 2 $/MIllimitéesDéploiementsIllimitésIllimitésIllimitésFonctions serverless4 h CPU actifInclus puis 0,128 $/hPas de serverless natif (Docker)Build minutesStandard gratuit0,014 $/minIllimitées (CPU du serveur)Base de donnéesNon incluseNon incluse (tiers)Incluse (PostgreSQL, Redis, etc.)InfrastructureFermée (AWS)Fermée (AWS)Votre serveur, vos donnéesLock-inFort (API propriétaire)FortAucun (Docker + configs JSON)

La différence fondamentale n’est pas dans les features — Coolify couvre 95 % des cas d’usage d’un développeur qui déploie des apps conteneurisées. Elle est dans le modèle économique : Vercel facture à l’usage, Coolify vous facture zéro. Le coût réel de Coolify, c’est celui d’un VPS d’entrée de gamme chez Hetzner (4,51 $/mois pour un CX22 avec 2 vCPU, 4 Go de RAM et 40 Go de disque), plus un second serveur pour vos applications si vous voulez séparer l’infrastructure de déploiement de la production.

Un piège classique chez Vercel : le Fast Data Transfer. Le plan gratuit offre 100 Go par mois. Un site de portfolio avec des images non optimisées et 10 000 visiteurs mensuels peut exploser ce plafond en trois semaines — la surfacturation démarre sans avertissement, et sans plafond de dépense configuré, la facture grimpe. Coolify n’a pas ce problème parce que la bande passante est celle du serveur que vous louez, typiquement 1 à 20 To/mois selon le fournisseur, pour le même prix fixe.

Ce que Coolify ne fait pas (encore)

Le tableau n’est pas entièrement rose. Coolify n’est pas un équivalent fonctionnel complet de Vercel sur trois points :

  • Pas de réseau edge distribué. Vercel sert vos pages depuis une trentaine de régions dans le monde grâce à son CDN propriétaire. Avec Coolify, vos utilisateurs tapent sur un seul datacenter — celui de votre VPS. Un CDN externe (Cloudflare, BunnyCDN) corrige le problème pour les assets statiques, mais le backend reste géolocalisé.
  • Pas de serverless natif. Vercel transforme vos fonctions en edge workers ou en lambdas scalables automatiquement. Coolify déploie des conteneurs Docker classiques — la scalabilité horizontale demande une configuration manuelle (Docker Swarm, nomad, ou plusieurs instances derrière un load balancer).
  • L’interface est moins polie. Coolify annonce un redesign en cours sur sa page de screenshots, mais l’UI actuelle, fonctionnelle, reste en retrait par rapport au polish visuel de Vercel ou Netlify.

Pour un site statique, un blog ou une API backend, ces limites sont académiques. Pour une app qui sert des utilisateurs dans vingt pays avec des fonctions serverless à la milliseconde près, Vercel garde l’avantage.

Un écosystème viable

La licence de Coolify est Apache 2.0 — open source intégral, code sur GitHub, aucune édition « entreprise » avec fonctionnalités cachées. Le financement repose sur deux piliers : les dons (9 000 $/mois via GitHub Sponsors, 1 100 $/mois via Open Collective) et le cloud managé à 5 $/mois (plus 3 $ par serveur connecté), qui compte 3 765 utilisateurs pour 21 200 $ de revenu mensuel récurrent.

Le projet n’est pas un one-man-show instable. Andras Bacsai développe Coolify en public sur Twitch, maintient une communauté Discord de plus de 19 membres actifs, et livre en moyenne une release par semaine. La v4.2.0 du 21 juillet 2026 ajoute le provisionnement de serveurs Hetzner, DigitalOcean et Vultr directement depuis l’interface Coolify, des endpoints REST pour les logs, et des backups programmés pour les volumes persistants.

Verdict

Prenez Coolify si vous déployez des applications conteneurisées (Docker, Docker Compose) sur un à dix serveurs, que votre audience est majoritairement régionale et que vous voulez une facture prévisible de 5 à 20 $/mois serveur compris, zéro frais de plateforme.

Gardez Vercel si vous avez besoin d’un réseau edge mondial, de serverless natif sans gestion d’infrastructure, ou si votre équipe n’a pas les compétences pour administrer un serveur Linux — la tranquillité facturée au Go reste un choix rationnel quand le coût d’opportunité du temps passé à maintenir Coolify dépasse la facture Vercel.

La vraie bascule se fait au moment où votre facture Vercel dépasse 30 $/mois. À ce seuil, un VPS dédié à Coolify est amorti en deux mois, et chaque mois supplémentaire est un mois de marge brute gagnée sur votre infrastructure.

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