Vos logs Docker méritent mieux que docker logs -f dans un terminal SSH
Dozzle pèse 4 Mo, ne stocke rien et affiche les logs Docker en temps réel dans le navigateur. La v10.6.13 du 27 juillet 2026 apporte une palette ANSI adaptative et un moteur SQL embarqué : si votre seul outil de logs est encore le terminal, vous perdez du temps chaque jour.
Dozzle vient de publier sa version 10.6.13 le 27 juillet 2026, trois jours après avoir introduit une palette de couleurs ANSI adaptative au thème et un moteur de requêtes SQL embarqué. Le projet dépasse les 13 800 étoiles GitHub et les 186 millions de pulls Docker. Son image compressée fait 4 Mo — pas 40, pas 400. Le Dockerfile pèse moins lourd qu’une photo de vacances.
Le diagnostic de logs Docker est une corvée quotidienne pour quiconque héberge plus de trois conteneurs. docker logs -f fonctionne dans un terminal SSH, mais dès qu’il faut chercher, filtrer, comparer deux conteneurs ou partager une capture avec un collègue, la ligne de commande s’effondre. Dozzle résout exactement ce problème sans ajouter de complexité : zero config, zero stockage, une seule commande docker run.
Ce que Dozzle fait — et ce qu’il ne fait pas
Dozzle est un visualiseur de logs temps réel, pas une plateforme de gestion de conteneurs. Il monte /var/run/docker.sock en lecture seule, stream les logs via l’API Docker et les affiche dans une interface web réactive. Aucune base de données, aucun fichier de configuration, aucune rétention. L’outil ne stocke rien — il ne fait que diffuser.
La différence avec un agrégateur de logs comme Loki, Elasticsearch ou Graylog est frontale : ces plateformes indexent et conservent les logs pour des recherches historiques, ce qui nécessite du stockage, des index et de la maintenance. Dozzle ne fait que de la visualisation instantanée — et c’est pour ça qu’il tient dans 4 Mo. Cette distinction est cruciale au moment de choisir un outil : Dozzle est le compagnon de debugging quotidien, pas le SIEM de votre infrastructure.
Le tableau ci-dessous compare les deux philosophies :
docker rundocker runDozzle et Portainer ne sont pas concurrents — ils sont complémentaires. Portainer gère vos conteneurs ; Dozzle lit leurs logs. Dans un homelab bien outillé, les deux tournent côte à côte.
Une seule commande pour démarrer
Dozzle n’a pas de prérequis exotiques : Docker Engine 19.03 minimum (API 1.40+), sorti en juillet 2019. Toute machine qui fait tourner Docker aujourd’hui est compatible.
docker run -d \
--name dozzle \
-v /var/run/docker.sock:/var/run/docker.sock:ro \
-v dozzle_data:/data \
-p 8080:8080 \
amir20/dozzle:latest Le volume dozzle_data:/data est optionnel mais recommandé : il persiste les configurations de notifications et d’alertes entre les redémarrages. Sans lui, toute règle d’alerte créée dans l’interface disparaît au prochain docker rm.
Version Docker Compose pour ceux qui versionnent leur stack :
services:
dozzle:
image: amir20/dozzle:latest
container_name: dozzle
volumes:
- /var/run/docker.sock:/var/run/docker.sock:ro
- dozzle_data:/data
ports:
- 8080:8080
environment:
# - DOZZLE_ENABLE_ACTIONS=true # start/stop/restart conteneurs
# - DOZZLE_ENABLE_SHELL=true # shell dans les conteneurs
# - DOZZLE_AUTH_PROVIDER=simple # authentification
# - DOZZLE_FILTER=label=com.example.app # filtrer les conteneurs visibles
volumes:
dozzle_data: Attention : monter docker.sock donne à Dozzle un accès équivalent root au host. Si l’interface est exposée au-delà du réseau local, activez l’authentification (DOZZLE_AUTH_PROVIDER=simple) ou placez Dozzle derrière un reverse proxy avec authentification en amont — Authelia, Authentik ou un simple Traefik avec middleware basicAuth.
Ce qui change dans la v10
La branche v10, majeure depuis début 2026, a transformé Dozzle de simple visualiseur de logs en poste de debugging complet. Voici ce qui est arrivé récemment et ce qui compte vraiment :
- Moteur SQL embarqué via DuckDB + WebAssembly (v10.5+) — interrogez les logs récents avec du vrai SQL dans le navigateur, sans backend, sans index.
SELECT * FROM logs WHERE message LIKE ’%error%’ AND container = ’nginx’fonctionne littéralement côté client. - Palette ANSI adaptative (v10.6.11, 20 juillet 2026) — les codes couleur des logs applicatifs (rouge pour ERROR, jaune pour WARN) s’adaptent automatiquement au thème clair ou sombre.
- Palette de commandes Cmd+K (v10.6.12, 26 juillet 2026) — navigation clavier complète, changement de conteneur sans toucher la souris.
- Alertes et webhooks — matchez des motifs dans les logs avec des expressions puissantes et notifiez Slack, Discord, ntfy ou n’importe quel endpoint HTTP.
- Multi-hôte avec agents TLS — connectez plusieurs daemons Docker distants depuis une seule interface, chiffrés de bout en bout.
Le projet est maintenu par Amir Raminfar, un développeur solo qui publie quasiment chaque semaine — 6 500 commits au compteur, une cadence de release impressionnante pour un outil de cette taille. Dozzle fait partie du programme Docker Sponsored OSS et son code est intégralement en Go pour le backend et Vue.js pour le frontend, sous licence MIT.
Dozzle vs docker logs -f — le gain quotidien
Prenons une journée type d’un homelabber qui gère une dizaine de conteneurs. Une erreur 502 sur le reverse proxy, un conteneur qui redémarre en boucle, un job cron qui ne se déclenche pas.
Avec le terminal :
docker pspour trouver le nom du conteneurdocker logs nginx-proxy —tail 200pour avoir le contextedocker logs nginx-proxy -f | grep errorpour filtrer en direct- Recommencer pour le conteneur applicatif
docker statsséparément pour vérifier si le CPU explose
Avec Dozzle :
- Ouvrir l’interface, le conteneur qui crash est visible en rouge
- Cliquer dessus, les logs défilent en temps réel
- Taper
/errordans la barre de recherche - Ouvrir un deuxième panneau en écran partagé pour comparer avec un autre conteneur
- Les stats CPU/mémoire sont dans le panneau latéral
Le gain n’est pas spectaculaire sur une intervention unique. Il l’est sur la répétition : plus vous débuggez souvent, plus Dozzle amortit son coût d’installation nul.
Verdict : pour qui, et à quel prix
Dozzle ne remplace ni Loki ni Portainer. Il remplace docker logs -f dans un terminal SSH ouvert depuis vingt minutes. Si vous gérez moins de cinq conteneurs sur une seule machine et que vous les touchez une fois par mois, le terminal suffit.
Si vous avez un homelab avec plus de cinq conteneurs, si vous débuggez plusieurs fois par semaine, ou si vous partagez l’accès aux logs avec quelqu’un d’autre dans votre foyer ou votre équipe : installez Dozzle. Une seule commande, 4 Mo de bande passante, et vous ne reviendrez pas au terminal pour lire des logs.
Pour les équipes qui ont besoin d’historique, d’indexation et de rétention légale, la réponse reste Loki + Grafana — mais ce n’est pas le même budget temps. Dozzle couvre le cas d’usage le plus fréquent (qu’est-ce qui se passe maintenant dans mes conteneurs ?) et s’arrête là où commence la complexité. C’est une discipline d’ingénierie, pas une limitation technique.
Références
- Dozzle — Site officiel — documentation complète, guide de démarrage
- Dozzle GitHub Repository — 13.8k stars, 6 500 commits, MIT
- Dozzle v10.6.13 Release Notes — GitHub, 27 juillet 2026
- Dozzle Docker Hub — 186M pulls, 4 Mo compressés
- Dozzle sur Noted — review et guide d’installation
- Portainer — article ETTAYEB — gestion complète de conteneurs Docker