Floppy unifie le suivi de médias auto-hébergé face à Trakt, Letterboxd et TV Time
Floppy, un tracker de médias auto-hébergé sous licence AGPL-3.0, centralise films, séries, anime, livres, jeux, musique et podcasts, avec synchronisation Plex, Jellyfin, Audiobookshelf et Pocket Casts. Ceux qui veulent rapatrier leur historique de visionnage sur leur propre matériel trouvent ici une alternative à un conteneur Docker et une instance Redis.
678 étoiles. 55 forks. 4 847 commits. Floppy est un tracker de médias auto-hébergé sous licence AGPL-3.0, issu d’un fork de Yamtrack, qui ambitionne de remplacer d’un seul tenant Trakt, Letterboxd et TV Time. Son positionnement tient en une ligne, celle de son README : « du suivi de médias auto-hébergé pour ceux à qui Trakt et TV Time manquent ». Pour un homelabber qui tourne déjà Plex ou Jellyfin, c’est la pièce qui manquait pour reprendre le contrôle de son historique de visionnage — sans en confier l’usage à un service tiers.
Ce que Floppy regroupe sous un seul toit
Là où la plupart des trackers se spécialisent, Floppy agrège dix types de médias : films, séries, anime, manga, livres, comics, jeux, jeux de société, musique et podcasts. Le résultat est une bibliothèque unique avec un historique unique et des statistiques uniques pour tout ce que vous regardez, lisez, jouez ou écoutez.
Le périmètre est loin d’être cosmétique. La musique dispose de pages artiste et album, d’un historique au niveau de la piste, de scores, de statistiques de temps d’écoute et de métadonnées adossées à MusicBrainz. Les podcasts ont des pages émission et épisode, un suivi par épisode et une synchronisation Pocket Casts en intégration vivante — pas un import ponctuel de fichier. La collection de médias possédés descend au niveau de la copie : source, résolution, HDR, format, codec et débit. C’est un vrai gestionnaire de bibliothèque, pas une simple checklist.
L’intégration qui fait la différence
Le point qui distingue Floppy d’une feuille de calcul améliorée, c’est la synchronisation. Le projet couvre Plex (import complet de la bibliothèque, synchronisation de la watchlist, des notes), Jellyfin et Emby (carte « en cours de lecture » via webhook), Pocket Casts, Last.fm, Audiobookshelf, Radarr et Sonarr (synchronisation planifiée) et Seerr (ajout automatique par webhook). Chaque intégration a sa page de réglages et son affichage d’état.
Concrètement : vous lancez un film sur Plex, il apparaît dans l’historique de Floppy sans intervention. Vous marquez un épisode comme vu, la watchlist Plex se met à jour. Le modèle d’import par fichier — que beaucoup d’outils imposent tous les quelques mois — disparaît au profit d’un flux continu. C’est exactement le confort qui faisait la force de Trakt, mais sur votre propre matériel.
Installer en deux conteneurs
L’installation tient en une pile Docker Compose : l’application plus une instance Redis. Il n’y a pas de base PostgreSQL à maintenir, la donnée vit dans un volume SQLite monté sur /floppy/db.
services:
floppy:
image: ghcr.io/dannyvfilms/floppy:latest
container_name: floppy
restart: unless-stopped
depends_on:
redis:
condition: service_healthy
environment:
- SECRET=change_me_to_a_long_random_string
- REDIS_URL=redis://redis:6379
- REGISTRATION=True
- DEMO_ACCOUNT_ENABLED=False
- TZ=Europe/Paris
- TMDB_API=your_tmdb_api_key
volumes:
- floppy_db:/floppy/db
ports:
- "8000:8000"
redis:
image: redis:8-alpine
container_name: floppy-redis
restart: unless-stopped
command: ["redis-server", "--appendonly", "yes", "--save", "", "--maxmemory", "256mb", "--maxmemory-policy", "volatile-lru"]
healthcheck:
test: ["CMD", "redis-cli", "ping"]
interval: 10s
timeout: 3s
retries: 10
volumes:
- redis_data:/data
volumes:
floppy_db:
redis_data: Deux variables méritent l’attention. SECRET est la seule réellement obligatoire : c’est la clé de session de l’application. TMDB_API active les métadonnées films et séries — sans elle, la partie la plus riche du catalogue reste muette. Et un piège de sécurité : DEMO_ACCOUNT_ENABLED vaut True par défaut et provisionne un compte demo / demodemo public après les migrations. Le README recommande explicitement de le passer à False avant la mise en production, puis de basculer REGISTRATION à False une fois votre compte créé.
Floppy face à Trakt et Letterboxd
La comparaison se joue sur deux axes. Sur la couverture, Floppy est plus large que Trakt (qui s’arrête au film et à la série) et que Letterboxd (le film avant tout) : livres, jeux, musique et podcasts y sont des citoyens de première classe, pas des modules rapportés. Sur la souveraineté, l’écart est catégorique : vos données et votre historique restent sur votre machine, sans limite d’API ni compte à monétiser.
Le revers est lui aussi net. Floppy est un projet jeune — un fork actif d’un outil lui-même récent — avec une communauté de 678 étoiles, là où Trakt et Letterboxd alignent des millions d’utilisateurs et des années de données communautaires. Les listes sociales, les recommandations croisées entre utilisateurs et la masse critique de notes n’existent tout simplement pas encore à cette échelle. Et la licence AGPL-3.0, si elle protège la communauté, impose de publier les modifications si vous l’exposez en réseau — un détail à connaître avant d’y brancher un service commercial.
Migrer depuis Trakt et opérer en confiance
Le passage depuis Trakt ou TV Time n’est pas une page blanche. Floppy importe les listes et la watchlist Trakt, l’historique Last.fm, et synchronise Plex et Audiobookshelf pour reconstruire l’essentiel de l’historique en quelques heures. Ce qui ne se transfère pas — les notes communautaires et la masse sociale — est précisément ce qu’aucun outil auto-hébergé ne pourra jamais reproduire, et il faut l’assumer avant de migrer.
Côté exploitation, le profil est celui d’un outil léger : un conteneur Python/Django adossé à un Redis plafonné à 256 Mo de mémoire, avec la donnée persistée dans un SQLite monté sur volume. C’est un coût marginal pour un homelab, et un déploiement qui tient sur un Raspberry Pi.
La sécurité de compte n’est pas négligée : TOTP, codes de récupération, durée de session configurable par utilisateur. Les sauvegardes planifiées et l’export récurrent — avec choix des types de médias et des listes à inclure — sont intégrés, l’historique des exports restant visible dans les réglages. Enfin, la licence AGPL-3.0 impose de publier les modifications si vous exposez l’outil en réseau : une contrainte acceptable pour un usage personnel ou familial, à garder en tête pour un usage commercial.
Découverte et listes : le social du homelab
Floppy ne concurrence pas Letterboxd sur la masse, mais il propose une forme de socialité à l’échelle du foyer. Les recommandations personnalisées s’appuient sur votre propre bibliothèque — affinités de genre, de studio, de casting et de tags — et s’améliorent avec l’usage. Les listes intelligentes filtrent par état de collection, plateforme, origine ou auteur, et les listes publiques disposent de pages de profil avec flux RSS et JSON. La page d’accueil est configurable rangée par rangée, et la découverte se rafraîchit en arrière-plan plutôt que de servir une page statique.
C’est une découverte qui part de vos données, pas de la foule. Pour un homelab familial, c’est exactement la bonne échelle : partageable au sein du foyer, sans dépendre des notes de millions d’inconnus.
Deux détails complètent le tableau : une instance de démonstration publique sur yamtrack.dannyvfilms.com (identifiants demo / demodemo) pour évaluer l’outil sans rien installer, et un serveur MCP dans le dépôt pour interroger sa bibliothèque et son historique depuis un agent — le signe d’un projet qui pense l’automatisation autant que l’interface web.
Verdict
Si vous tournez un Plex ou un Jellyfin et que Trakt ou TV Time vous manquent, déployez Floppy : le coût est un conteneur, une instance Redis et une clé TMDB, pour un historique et des statistiques que vous reprenez en main. Activez la synchro Plex, coupez DEMO_ACCOUNT_ENABLED, et l’outil se rentabilise dès la première semaine.
Si vous dépendez des fonctions sociales de Letterboxd — listes partagées à grande échelle, notes de la communauté, découverte par les pairs — gardez-le en complément : Floppy ne remplace pas la masse critique d’une plateforme sociale, il remplace la partie personnelle de votre suivi. Les deux peuvent coexister, l’un sur votre serveur, l’autre sur le cloud.
Références
- Floppy — Self-hosted all-in-one media tracker and Trakt alternative — GitHub, consulté le 27 août 2026
- Self-Host Weekly (21 August 2026) — selfh.st, 21 août 2026