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Nabu Casa rebaptise Home Assistant Cloud en Home Assistant Link

Le 2 octobre 2026, Nabu Casa annonce le renommage de Home Assistant Cloud en Home Assistant Link, un changement effectif en décembre. Rien ne change côté service : c’est le mot « cloud » qui est retiré, jugé trop connoté par Big Tech — et c’est un signal pour tout l’écosystème self-hosted.

Une plaque nominative en métal brossé à moitié dévissée d’une porte, une seule vis à tête ambre encore en place.

2 octobre 2026. Nabu Casa annonce que Home Assistant Cloud devient Home Assistant Link. 7 octobre 2026. Les notes de version 2026.10 confirment que le changement sera effectif avec la sortie de décembre. 2018. L’année où Nabu Casa a créé le service, d’abord pour financer le développement de Home Assistant. Pourquoi c’est important : ce n’est pas un simple lifting — c’est un projet open source majeur qui retire officiellement le mot « cloud » de son offre commerciale, et qui assume publiquement pourquoi.

Ce qui change, et ce qui ne change pas

Soyons précis sur le périmètre. Home Assistant Link est exactement le même service que Home Assistant Cloud : accès distant à votre instance Home Assistant depuis l’extérieur, intégration simplifiée des assistants Alexa et Google Home, commande vocale, sauvegardes. Les abonnements existants sont reconduits tels quels, les fonctionnalités ne bougent pas, et la bascule s’opère en douceur d’ici la version de décembre 2026.

Ce qui change, c’est uniquement le nom — et la charge sémantique qui va avec. Nabu Casa l’assume frontalement : le titre de l’annonce de Carl Albertsson, vice-président commercial, est sans ambiguïté — « Big Tech a ruiné le cloud, alors nous renommons le nôtre ». Le mot cloud est devenu, dans le grand public comme chez les utilisateurs avertis, synonyme d’abonnement qui grimpe, de pannes en cascade et de récolte de données. Une connotation que le service de Nabu Casa ne veut plus porter.

Pourquoi « cloud » est devenu un handicap

Le problème ne date pas d’hier, et il est autant technique que marketing. Home Assistant prône un principe simple : la domotique doit tourner en local, chez vous, et continuer de fonctionner quand Internet tombe ou quand le fournisseur disparaît. Sur scène, Paulus Schoutsen, fondateur du projet et président de l’Open Home Foundation, répète « n’achetez pas de produits qui exigent le cloud pour fonctionner » — puis doit expliquer, dans la phrase suivante, pourquoi Home Assistant Cloud est différent, malgré son nom. Une friction devenue insoutenable.

Il y a aussi un malentendu persistant : des nouveaux venus croient que Home Assistant Cloud permet de faire tourner Home Assistant dans le cloud. Ce n’a jamais été le cas, et ce ne le sera jamais — Nabu Casa considère que la plateforme doit rester sur votre machine. Le nom entretenait précisément la confusion qu’il était censé dissiper.

L’annonce ne se contente pas de retirer un mot. Elle pose une comparaison terme à terme entre Home Assistant Link et un cloud Big Tech, et c’est là que le positionnement se durcit. Optionnel contre obligatoire : votre maison intelligente continue de fonctionner sans Link, lumières comprises, là où un écosystème fermé cesse de marcher si vous résiliez. Sans verrouillage contre jardin clos : vous pouvez utiliser Link ou un autre service, et repartir librement, là où un cloud propriétaire vous attache à ses pannes et à ses hausses de prix. Données privées contre données monétisées : avec Link, vos données sont chiffrées et vous êtes le seul à détenir la clé — ni Nabu Casa ni l’Open Home Foundation ne peuvent les lire, quand le cloud des géants les vend aux annonceurs et les utilise pour entraîner des modèles. Financement d’une fondation contre financement d’actionnaires : la majorité des profits des abonnements Link finance l’Open Home Foundation, qui rémunère les développeurs de Home Assistant.

Ce tableau n’est pas neutre, et il n’a pas vocation à l’être. Il redit, en langage commercial, ce que la communauté dit depuis des années en langage technique : le self-hosting n’est pas une variante moins chère du cloud, c’est un choix de gouvernance de ses propres données.

Ce que ça dit de l’écosystème

Le geste de Nabu Casa dépasse le cas d’une seule entreprise. Il confirme une bascule éditoriale déjà visible dans les newsletters du secteur : la lettre Self-Host Weekly du 9 octobre 2026 titre elle-même sur le renommage, signe que le sujet résonne bien au-delà de la bulle Home Assistant. Le mot cloud est en train de quitter le vocabulaire des acteurs qui se revendiquent du local-first et de la vie privée, exactement comme « serveur dédié » a quitté celui des hébergeurs il y a quinze ans.

Pour l’utilisateur, la leçon est simple et rassurante. Le renommage n’est pas une alerte, c’est une clarification : la même promesse — un service optionnel, chiffré, sans verrouillage, qui finance le projet — avec un nom qui dit enfin ce qu’il fait, lier votre instance locale au reste du monde, sans la faire dépendre du cloud de quelqu’un d’autre.

Verdict

Si vous êtes déjà abonné à Home Assistant Cloud, ne faites rien : le service reste identique, votre abonnement est reconduit, et le nom bascule en décembre sans action de votre part. Si vous hésitiez à franchir le pas du self-hosting, ce renommage est le signal qu’il fallait : la plateforme dominante de la domotique locale assume désormais frontalement sa différence avec les écosystèmes fermés, au point de retirer le mot cloud de son offre. Si vous gérez une flotte ou une famille de déploiements, retenez la méthode plutôt que le nom : quand un mot que vous employez pour décrire votre service en dit plus sur vos concurrents que sur vous, le retirer est un acte de positionnement — pas un caprice de marque.

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