EN
en direct

Garuda Linux abandonne linux-zen pour un noyau CachyOS et réécrit Hyprland en Lua dans Temeraire

La première version majeure de Garuda Linux en plus d’un an, publiée le 19 août 2026, remplace le noyau linux-zen par un dérivé CachyOS et reconstruit l’édition Hyprland en Lua. Les utilisateurs existants doivent surveiller le basculement de noyau plutôt que de le supposer transparent.

Un processeur à moitié retiré de son socket sur une carte mère sombre.

19 août 2026. Garuda Linux publie Temeraire, sa première version majeure en plus d’un an. 20 août 2026. L’ISO 260819 et ses onze éditions sont disponibles au téléchargement. Le changement de fond tient en une décision : la distribution abandonne linux-zen, son noyau par défaut historique, pour linux-garuda, bâti sur le noyau CachyOS.

Pour un utilisateur d’Arch Linux pressé, c’est un signal d’architecture plus qu’une mise à jour cosmétique : deux dérivés orientés performance arrêtent de dupliquer leur ingénierie noyau et convergent sur un socle commun.

Le noyau change de mains

Garuda a construit une partie de sa réputation sur linux-zen, un patchset noyau orienté performances et réactivité, livré par défaut. Temeraire le remplace par linux-garuda, compilé à partir du travail de CachyOS — une distribution sœur, elle aussi dérivée d’Arch, qui s’est spécialisée ces dernières années dans le réglage fin du noyau.

Le nouveau noyau embarque le planificateur EEVDF et s’appuie sur DKMS pour se reconstruire automatiquement contre les derniers pilotes NVIDIA. Ce dernier détail n’est pas anecdotique : c’est une des façons les plus courantes dont un système en rolling release casse, quand une mise à jour du noyau atterrit, que le module propriétaire NVIDIA ne se recompile pas à temps, et que l’utilisateur redémarre sur un écran noir.

Le choix relève de la consolidation plus que de l’innovation. Plutôt que de maintenir un patchset parallèle, Garuda adopte l’ingénierie d’un projet qui en a fait sa spécialité. Conséquence pratique : les deux dérivés d’Arch les plus en vue sur le créneau performance partagent désormais le même travail noyau, ce qui libère de la maintenance pour le reste de la distribution.

La bascule SDDM vers Plasma Login Manager

Les éditions KDE Plasma basculent du gestionnaire de session SDDM vers Plasma Login Manager, y compris dans l’environnement live. Plasma Login Manager est le greeter plus récent de KDE, conçu pour s’intégrer directement au reste de la pile Plasma, là où SDDM reste un composant plus généraliste. L’embarquer aussi dans le live garantit que l’expérience d’installation ressemble à l’expérience installée.

La version KDE Plasma livrée est la 6.7.4, alignée sur le noyau Linux 7.2 qui accompagne l’ensemble.

Hyprland, la réécriture la plus lourde

L’édition Hyprland subit la refonte la plus importante de la version. La configuration est désormais écrite entièrement en Lua, hyprlock prend en charge le verrouillage d’écran, Kitty devient le terminal par défaut, et awww remplace swww pour la gestion des fonds d’écran.

Le passage au Lua est le vrai changement. Le format de configuration natif d’Hyprland est suffisant pour des réglages simples, mais devient ingérable pour l’environnement fortement personnalisé que Garuda livre. Lua apporte variables, fonctions et conditionnelles — précisément ce qu’il faut quand une distribution maintient une configuration qui doit fonctionner sur des machines très différentes.

La contrepartie est assumée : toute personne ayant poussé ses propres personnalisations sur l’édition Hyprland doit s’attendre à les refaire.

Onze éditions, une nomenclature de dragons

Temeraire sort en variantes KDE, Hyprland et Sway, accompagnées du navigateur FireDragon 13 et 11, le dérivé de Firefox maison. Le projet annonce au passage un changement de nomenclature : les versions porteront désormais des noms de dragons, Temeraire venant des romans de Naomi Novik — un choix de nom plus littéraire que la moyenne des distributions.

Ce que CachyOS apporte concrètement

CachyOS s’est bâti une réputation sur le réglage fin du noyau : compilations optimisées pour des familles de processeurs précises, planificateurs EEVDF et sched_ext en avant-poste, et un travail continu sur la réactivité sous charge. Adopter son noyau plutôt que de maintenir un patchset maison, c’est reconnaître que l’optimisation noyau est devenue un métier à part entière, trop coûteux à dupliquer pour une petite équipe.

Le planificateur EEVDFEarliest Eligible Virtual Deadline First — est la pièce centrale de ce travail. C’est le planificateur qui ordonnance les processus sur le CPU en attribuant à chacun une échéance virtuelle plutôt que de simples tranches de temps fixes. Concrètement, il améliore la réactivité sous charge mixte : un système qui compile ou encode en arrière-plan reste plus fluide à l’écran. Pour une distribution qui se vend sur la performance au bureau, c’est un argument de fond, pas un détail cosmétique.

La convergence a un second effet, moins spectaculaire mais réel : quand Garuda et CachyOS partagent le même travail noyau, les correctifs, les régressions et les réglages bénéficient aux deux communautés au lieu de diverger. C’est une consolidation d’ingénierie dont l’utilisateur final récolte les fruits sans y penser.

Une place particulière dans l’écosystème Arch

Garuda occupe une niche précise parmi les dérivés d’Arch Linux. Là où Arch reste une base minimale à construire soi-même, et où EndeavourOS vise une installation simple au plus près de l’original, Garuda assume le choix de livrer un système prêt à l’emploi, thématisé et orienté performance, avec Btrfs et Snapper pour les retours en arrière en cas de mise à jour ratée. Temeraire ne change pas cette identité — il la modernise en consolidant la partie la plus coûteuse à maintenir seul, le noyau.

Ce positionnement explique aussi le calendrier. Plus d’un an sans version majeure, c’est long pour une rolling release qui distribue ses changements au fil de l’eau ; mais c’est cohérent avec une distribution qui préfère trancher plusieurs défauts de longue date d’un coup. Le remplacement de linux-zen et de SDDM relève de cette logique : des choix hérités qui avaient cessé d’être les meilleurs, corrigés en une seule itération plutôt qu’au gré de correctifs successifs.

Faut-il mettre à niveau

Garuda est une rolling release : les utilisateurs existants y accèdent par les mises à jour normales, sans réinstaller. Le changement de noyau est le seul point qui mérite une vérification explicite. Si vous dépendiez de comportements précis de linux-zen, contrôlez le basculement avant de le supposer transparent.

bash
uname -r
pacman -Q linux-garuda linux-zen

La première commande affiche le noyau en cours d’exécution ; la seconde liste les paquets noyau installés. Après le passage, linux-garuda doit être présent et linux-zen avoir été remplacé — si les deux coexistent encore, c’est à vous de trancher lequel reste.

Verdict

Si vous êtes déjà sous Garuda, la mise à jour vaut le coup pour la consolidation noyau et le greeter unifié, mais traitez-la comme une migration de noyau, pas comme un simple pacman -Syu : vérifiez le noyau actif, gardez un œil sur NVIDIA au premier redémarrage, et préparez-vous à refaire vos personnalisations Hyprland.

Si vous hésitez entre dérivés Arch, le choix se joue ailleurs que dans cette version : Garuda reste un dérivé d’Arch avec tout ce que cela implique en termes de maintenance et de rythme. Ce que Temeraire clarifie, c’est que la concurrence entre dérivés performance ne se joue plus sur le noyau — ils partagent désormais le même — mais sur l’assemblage, les défauts de configuration et la qualité du défaut par défaut.

Références

Le brief cyber, chaque mardi

Les failles qui comptent, les correctifs à appliquer, en dix minutes de lecture.

Pas de spam. Désinscription en un clic.
à lire ensuite

Sur le même sujet

Linux 7.2 apporte la planification cache-aware et jusqu’à 5 % d’IOPS en plus sur EXT4 et XFS

Le 16 août 2026, Linus Torvalds publie la version stable du noyau Linux 7.2, après sept release candidates, avec la planification cache-aware, l’USB4STREAM inter-machines et des gains mesurés sur EXT4, XFS et MongoDB. Pour un administrateur, c’est une version de performance qui se récupère par la mise à jour standard de la distribution — le vrai travail est de tester les charges MySQL et MongoDB avant de généraliser.

← Retour au fil

Tapez au moins deux caractères.

naviguer ouvrir esc fermer